Paris

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Bons baisers de Paris.

 

Les mots du métro:

« Dieu n’avait pas voulu que la France soit divisée en mosquées, synagogues et églises. »
« Auriez-vous un ticket restaurant pour emballer mes diamants ? »
« Excusez-moi de vous déranger mais la porte était ouverte. »

 

http://paris.demosphere.eu/

 

Paris ne vous laissera pas indifférent-e.
Le matin, devant le bijoutier ou le parfumeur, vous croiserez cette femme « gitane » aux yeux brillants, assise par terre, avec son petit chien et son gobelet en carton. Quelques mètres plus loin, à côté d’un distributeur de billets, une camarade, sans chien, parfois avec un très jeune enfant. Ne soyez pas étonnés si un jeune cadre dynamique bien propre sur lui leur demande de se lever pour leur accorder la petite pièce, parce que, franchement, un peu d’égalité ma petite dame, lui il ne donne qu’aux gens qui sont à sa hauteur. À la sortie d’une station de métro non loin de là, vous croiserez peut-être le sourire de cette très vieille femme au visage joliment mais profondément ridé qui vous baisera la main et vous dira des mots incompréhensibles qui ressemblent à de sincères remerciements si vous lui donnez une belle pièce. Ou l’homme à la barbe noire qui, lui, vous montrera la photo de son petit garçon. En descendant dans les sous-sols du métro, aucun doute, vous croiserez quelques sacs de couchage dans les coins et, peut-être, quelques effluves d’urine. Monté à bord, il arrivera, rarement, que certaines rames soient partiellement vides: plusieurs sièges inoccupés à l’exception d’un seul, les voyageurs étant entassés debouts, plus loin, à quelques mètres. Vous comprendrez pourquoi lorsque vous vous prendrez place à proximité, naïf que vous êtes. Les vêtements de l’homme qui y est assis renvoient une odeur forte d’urine mélangée, peut-être, à de la bière, mais ce n’est pas forcément le cas. Il n’y a en effet pas besoin d’être alcoolique pour s’uriner dessus, parfois il suffit d’être pauvre, désespéré, malade, paumé. Cela pourrait arriver qu’une femme, résolument bourgeoise, lui donne un billet de cinquante euros, en espérant qu’il ne les perde pas, parce qu’en l’état l’homme n’est plus tout à fait de ce monde. Un monde qui ne changera pas malgré cet ersatz de générosité. À Montparnasse, sur le temps de midi, il est fréquent de croiser le grand homme noir aux pieds boursouflés et abîmés par la maladie ou le travail peut-être, qui émet des paroles et fait des gestes qui semblent incontrôlés. Ne parlons pas des discours qui s’enchaînent dans les rames, parfois drôles – « Excusez-moi de vous déranger mais la porte était ouverte. » ou encore « Auriez-vous un ticket restaurant pour emballer mes diamants ? » – parfois à vocation déculpabilisante « J’ai 52 ans et perdu mon emploi mais ce n’est pas de votre faute », comment ça, un peu quand même, non ? Retour à lumière. Quelques mètres à peine suffisent pour croiser l’homme sur le trottoir devant la boulangerie du 37, lui aussi a les yeux brillants, mais sans chien ni enfant, juste la pauvreté. Le soir, à la sortie de votre lieu de travail, vous le verrez systématiquement devant l’église, il semble y être entre 17h et 19h environ. De quoi vous faire parfois changer de trottoir parce que vos poches sont vides, ou simplement parce que vous n’arrivez pas toujours à supporter ça, à lui dire bonjour et à sourire, à être humain. Vous n’avez pas envie tous les jours de chialer, vous êtes peut-être un monstre, ne devriez-vous pas avoir honte de ne pas ressentir à tout instant un peu de compassion ou d’empathie pour toute cette merditude des choses. Entre 9h du matin et 17h, vous vous demanderez peut-être où il mendie. Libre à vous de quitter inopinément votre travail pour enfin le découvrir, peut-être, devant un hôtel étoilé du coin. Mais tout n’est pas toujours aussi monotone. En plus de ces habitués, il y a les bonus. Car Paris est riche et variée, on ne croise pas forcément toujours les mêmes personnes. Parfois, on voit des gens sortis de nulle part, improbablement installés contre un rebord de fenêtre ou les marches d’un immeuble de caractère. Un exemple, parmi des dizaines, une femme aux cheveux gris mal lavés et collés comme un vieux chien errant, presque autant malpropres que ses vêtements qui dépassent du grand sac déchiré d’un supermarché qui lui fait office de baluchon. Et ces gens-là, les bonus, on ne les voit qu’une fois, on se demande juste un peu parfois quand on repasse au même endroit si ils ont crevé, ces sales pauvres. Voilà sans doute ce qui attend la France qui ne se lève pas tôt, celle qui refuse le travail, de merde, ou forcé, ou le dimanche, ou les trois, ou ceux qui en sont simplement exclus, du « marché du travail », parce que trop vieux, trop jeunes, ou juste de trop. Quelque part, ces pauvres visibles ont peut-être une certaine utilité pour le bon déroulement des choses, l’acceptation résignée du métro-boulot-dodo, d’où une certaine tolérance du système à leur présence ici et là ? Mais il n’en est pas toujours ainsi. Le soir, avec un peu de chance, dans certaines stations, vous croiserez un trio de charmants agents assermentés qui tentent de contraindre, en vain, l’un ou l’autre inadapté, titubant, pour ne pas dire totalement inconscient, et poisseux, à peine capable de mimer de la main l’acte de manger, les yeux fermés, éblouis, peut-être. Pour une raison inconnue, il semble primordial pour ces fidèles aux ordres de le faire monter dans la rame du métro, pour en être exclu à l’autre bout de la ligne, sans aucun doute. On se refile du boulot comme on peut entre collègues. Comme ils ont l’air de trouver ça sympathique comme mission de nettoyage, vous regretterez assurément, une fois monté dans la rame, paralysé par cette inhumanité, de ne pas leur avoir fait un croche-pieds ou juste un doigt tendu. Vous rentrez chez vous, une bonne nuit vous attend, tout va bien, si ce n’est cette scène qui s’ajoute à toutes les autres quelque part dans un coin de votre tête.

 

Tout va bien.

 

Dans quel monde Vuitton ?

 

Une histoire populaire américaine.